
Le 2 février 1903, Marie Martel voit le Sacré-Coeur et Saint Michel. La Sainte Vierge lui dit par deux fois :
“ Mon enfant, Je désire que tu dises à tous les prêtres qu’ils fassent connaître à Mon peuple Ma présence ici ”
Récit tiré de l'ouvrage : Les Apparitions de Tilly, par le Marquis de Lespinasse Langeac


DISPOINIBLE SUR AMAZON OU EN FICHIER PDF GRATUITEMENT
EXTRAIT
.jpg)
Le Marquis de l'Espinasse Langeac naquit au château de Gilles (Eure-et- Loir), le 28 août 1848, fils du Marquis et de la Marquise de l'Espinasse Langeac né Bonne de Lagrange.
Il fait ses études au collège Sainte-Marie, de Caen, puis à la rue des Postes, chez les Jésuites. Engagé dans les cuirassiers, il participe à la guerre de 1870, est fait prisonnier et passe six mois à Koenigsberg.
Rentré en France, il part en Algérie où il se bat jusqu'en 1878. Blessé au combat, il est rapatrié, se marie avec Mademoiselle Marguerite Houssard et reprend la vie de garnison à Paris, Maubeuge, Evreux.
Il a deux filles. Vers 1885, il donne sa démission d'officier de cavalerie, s'occupe d'une propriété en Touraine.
Il vient finalement, en 1891, s'installer au château de Boisset-les-Prévanches, dans l'Eure. Il est élu maire de la commune et le reste plus de quinze ans.
En 1896, le Marquis de l'Espinasse Langeac occupait ses loisirs à rédiger ses souvenirs des campagnes d'Algérie, lorsqu’un ami prêtre lui parle des évènements de Tilly.
Il multipliera alors les séjours, en prenant pension à l'hôtel Saint-François, chez le bon Mr Morel, qui sera l'un des miraculés de Tilly.
1


.jpg)
Il se lie étroitement avec le très sage curé, Mr le Chanoine Abbé Guéroult, et devient le familier de la maison de Mme Henry, où demeure la voyante principale Marie Martel.
Il observe, prend des notes, enquête et publie en 1901 un intitulé : « Historique des Apparitions de Tilly sur Seulles ».
Afin de suivre de plus près, et avec plus de continuité, la vie de Marie Martel, il s'installe à Tilly, puis à Bayeux.
Il s’éteint au château de Boisset, au milieu de ses enfants, le 21 janvier 1923. Nous donnons, ici, tout ce que nous possédons du Marquis de l'Espinasse Langeac.
Le volume de 1901, la suite inachevée et les quelques archives conservées au château de Boisset.
Voulez-vous mieux connaître l'auteur ?
Entrez dans le livre où il vous reçoit, affable et vivant, comme il faisait en son château, d'un abord facile et direct et toujours lié à la nature et aux bonnes gens.
Homme pieux, exigeant, intraitable et droit devant la vérité, comme un seigneur devant le service du roi.
Sans faille, noble et grand par l'intelligence, le cœur, le caractère et la foi.
Marie Martel, avait en Mme Henry une mère adoptive, à la fois forteresse et tendresse, qui lui amena bien vite, dans le Marquis de l'Espinasse Langeac son plus fidèle témoin.
2
.jpg)
Récit des faits :
Après cinq années d’enquête et d'études attentives et sérieuses sur les faits merveilleux de Tilly-sur-Seulles, j'ai eu la pensée de classer mes notes et de réunir mes observations et c'est ce résumé, que je viens présenter aux lecteurs qui admettent encore en ce monde l'action providentielle.
Je déclare d'abord que je n'ai apporté dans cette longue enquête ni partialité, ni passion. Étranger au pays, n'y possédant aucun intérêt, je n'ai été qu'un témoin très consciencieux notant avec soin, au jour le jour, les choses vues et les paroles entendues.
C'est en simple curieux que je suis venu à Tilly pour la première fois à la fin d'avril 1896.
Ma première impression me laissa plutôt rêveur que convaincu, et ce n'est qu'à suite d'une longue conversation avec le curé doyen du bourg qui me détailla avec une parfaite lucidité les visions collectives de l'école
3

Historique des Apparitions de Tilly sur Seulles
Facta Non Verba
.jpg)
congréganiste que je formai le projet de suivre pas à pas les événements.
Autour de l'ormeau, centre des manifestations, j'ai frôlé bien des mondes.
J'y ai rencontré des ignorants, des sceptiques, des rationalistes irréductibles et quelques-uns de ces intellectuels qui ont la prétention d'expliquer le surnaturel avec des théories fantaisistes.
Dans cette foule, le plus grand nombre, faute d'étude, se contenta du rôle de témoin sans chercher à analyser les faits, encore moins d'en reconstituer la synthèse.
Nous sommes entourés de bons et de mauvais esprits. Le démon existe bien, mais il est par son essence tellement au-dessus de la pauvre humanité qu'il la dédaigne.
Les Pères de l’Église, dans leurs écrits inspirés, nous donnent la marche à suivre dans les explorations du merveilleux ; le catholique seul, avec sa foi, peut juger ces choses, comprendre la vérité et rejeter le mensonge.
Je dois dire que j'ai aussi rencontré sur le plateau de Tilly bon nombre de catholiques sérieux, des hommes de toute valeur qui n'ont regardé ni à leur peine ni à leur bourse pour venir étudier sur place ces faits extraordinaires, quelques prêtres éminents par leurs vertus et leur science qui ont bien voulu diriger mes pas incertains et je les en remercie.
Je ferai ressortir avec quelle bonne foi, ils ont cherché la vérité, dur et décevant labeur où parfois les conclusions, les convictions qui paraissent être édifiées sur les fondations les plus inébranlables, s'effondrent sur un fait insignifiant qu'il faut avoir cependant le courage de provoquer et qui vient constituer le défectus que tout enquêteur sérieux a le devoir de rechercher.
4
.jpg)
Si Tilly a eu des partisans, les détracteurs n'ont pas manqué ; sans étude profonde et sérieuse.
Je leur refuse le droit de conclure ainsi, d'abord parce qu'il ressort du bon sens le plus vulgaire qu'il est impossible de tirer une conclusion de faits qui n'ont pas été soumis au contrôle de l'examen, ensuite parce que l'Eglise, dans sa sagesse, n'admettant que la sanction de l'Ordinaire, ils n'ont pas le droit de préjuger cette sanction.
Un jugement trop précipité constitue donc une double faute : faute contre le bon sens, faute contre la loi d'obéissance à l’Église.
Dans le récit qui va suivre, j’ insiste sur le défilé de cette foule hétérogène qui a stationné pendant de longs mois au champ de Mr Lepetit.
L'attitude de ce public fut respectueuse, et si, à l'époque des villégiatures et des bains de mer quelques joyeux viveurs sont venus, le sourire aux lèvres, voir une humble fille ravie de ses visions, je dois dire, pour être juste, qu'ils n'ont jamais causé de scandale.
Ceux qui ont apporté quelque désordre, dont l'attitude a été la moins correcte, devaient au contraire donner l'exemple de la dignité et de la retenue et, quoiqu'il m'en coûte, je n'hésite pas à dire que ce sont des prêtres qui sont venus jeter cette note discordante sur le plateau des apparitions.
« A quelle heure commence la représentation ? » me demandait un jour un abbé railleur, riant par avance de sa plaisanterie déplacée.
Devant les évènements de Tilly, le clergé n'avait qu'un devoir, qu'une ligne de conduite, il devait se conformer à cette sage parole de Monseigneur Hugonin, a lors évêque de Bayeux, qui répondit à ceux qui lui demandaient quelle attitude ils devaient avoir en la circonstance « Attente respectueuse et prière ».
5
.jpg)
Assurément, ce n'est pas à l'influence cléricale qu'il faudra attribuer le triomphe de la Vierge à Tilly. Cependant, tout au long de mon enquête, un grand nombre de prêtres sont repartis convaincus.
Ce qu'un témoin attentif peut affirmer sans craindre la contradiction, c'est que les apparitions de Tilly-sur-Seulles ont provoqué dans la foule des témoins, dans certains couvents, dans la France entière, un grand élan de foi e de prière, un grand sentiment de paix et d'espoir.
Nous allons étudier dans ces quelques pages, la cause, les effets et le but des manifestations surnaturelles qui se sont déroulés dans cette petite bourgade de Normandie.
Les guérisons merveilleuses et les conversions sont innombrables, elles présentent ce caractère de stabilité et de persévérance qui en dénote l'origine supérieure. Enfin les enseignements recueillis sur le plateau sont si élevés, si conformes aux enseignements du dogme qu'il serait téméraire de ne pas les étudier.


6
.jpg)
CHAPITRE I
Tilly sur Seulles : Un petit mot sur son histoire
Mr l'Abbé Barrette a découvert dans la poussière des archives des documents qui établissent l'âge de Tilly.
Nous nous contenterons, pour ne pas allonger ce récit, de constater avec lui qu'au XII siècle, Henri II, roi d'Angleterre, fit venir à son château de Norou Guillaume de Tilly grand sénéchal de Normandie, avec lequel il était en guerre depuis longtemps, et qu'il signa la paix avec lui.

Nous allons étudier dans ces quelques pages, la cause, les effets et le but des manifestations surnaturelles qui se sont déroulés dans cette petite bourgade de Normandie.
Les guérisons merveilleuses et les conversions sont innombrables, elles présentent ce caractère de stabilité et de persévérance qui en dénote l'origine supérieure. Enfin les enseignements recueillis sur le plateau sont si élevés, si conformes aux enseignements du dogme qu'il serait téméraire de ne pas les étudier.
Le même auteur ajoute qu'au XV siècle, la forteresse de Tilly fut rasée par ordre des Anglais. Les deux plus vieux monuments du bourg, l'église actuelle et Notre-Dame du Val, viennent confirmer ces documents et ils sont évidemment du XII ou du XIII siècle et, par leurs dimensions, par un certain art apporté dans leur construction, on peut supposer qu'à cette époque déjà lointaine Tilly était un centre d'une certaine importance, abrité derrière un camp retranché contre l'envahissement de l'ennemi héréditaire, l'Anglais.
7
.jpg)
Plus tard, au XVII siècle, quand le Saxons furent définitivement chassé de France, la plantureuse et féconde province de Normandie quitta son attirail féodal.

Aux ruines pittoresques des vieilles citadelles succéda l'épanouissement de l'art nouveau et ses châteaux.
Tilly ne fut pas en retard, mais du splendide domaine que j'ai connu il y a quelque trente ans, il ne reste plus à l'heure actuelle que de beaux débris, le morcellement des fortunes devait amener ce résultat.
Le vaste domaine de Tilly fut vendu à une bande noire, saccagé, déshonoré. Ses admirables futaies furent abattues et la charrue transforma le parc ombreux en prairies verdoyantes.
Malgré toutes ces mutilations, Tilly est toujours un endroit délicieux plein de fraîcheur. Le calme de ce petit chef-lieu de canton, éloigné des grandes voies de communication, semble s'être infusé dans le sang de ses habitants qui sont cependant accueillants et hospitaliers tout en conservant le caractère méfiant qui paraît être la caractéristique des populations normandes.

Sans industrie, la petite ville végète et ce n'est qu'au jour du marché qu'elle s'anime un peu, mais combien peu !
C'est dans cet endroit, paisible entre tous, que nous
allons assister aux prodigieux événements qui ont tant défrayé la presse et l'opinion publique.
8
.jpg)
Au point de vue du merveilleux, Tilly a son histoire, et je dois l'esquisser à grands traits.
Mon ami Gaston Mery, le célèbre journaliste Parisien ardent et l'écrivain distingué que tout le monde connaît, m'écrivait à la date du 7 septembre 1897 : « Mon cher ami, puisque vous êtes à Tilly, pourriez-vous savoir : S'il existe une localité, un château, un lieu quelconque aux environs de Tilly s'appelant Trois-Monts ?

Si ce lieu n'appartient pas ou n'a pas appartenu à une famille de Malherbe.
J'ai reçu hier la visite d'une dame fort bien de Toulouse qui connaît une vieille personne dont elle m'a dit que le prénom, Anna, laquelle était comme une seconde mère pour la petite Bernadette Soubirous.
Si ce lieu n'appartient pas ou n'a pas appartenu à une famille de Malherbe.
J'ai reçu hier la visite d'une dame fort bien de Toulouse qui connaît une vieille personne dont elle m'a dit que le prénom, Anna, laquelle était comme une seconde mère pour la petite Bernadette Soubirous.
Elle fut la confidente des premières visions de l'enfant Bernadette et c'est elle, qui obtint de Monseigneur de Tarbes qu'il reçût

Bernadette. Or, il y a 45 ans environ, cette dame vint à Tilly chez Mme de Malherbe et y eut une vision.
9
.jpg)
Elle s'en ouvrit au curé de l'époque qui lui fit faire une relation écrite de ce qu'elle avait vu. Ce papier signé Anna existe peut-être aux archives de la cure, pourrait-on retrouver cela ?
Vous voyez l'importance de cette découverte qui établirait une sorte de corrélation entre Lourdes et Tilly. ».
La recherche était en effet intéressante, mais je n'ai jamais pu parvenir à découvrir le fameux document. J'ai su cependant que la famille de Malherbe était très liée avec M. Lepetit, le Doyen de cette époque, ainsi que les hôtes du château de Trois-Monts.
Tous mes renseignements s'arrêtent là. J'ai su plus tard par la voyante Marie Martel que la toute première apparition de la Vierge à Tilly sur Seulles, eut lieu au mois de mars 1853, ce qui semblerait corroborer le renseignement donné à Gaston Mery.
La réponse de Marie fut très précise et la demande lui avait été posée dans de telles conditions qu'elle ne pouvait en soupçonner le motif. J'ajoute donc une foi entière à sa déclaration et je classe, sans hésiter, cette première vision comme étant le début des faits surnaturels de Tilly.
A l'époque où commence ce récit, Mr Lepetit, que l'on peut appeler le bienfaiteur de Tilly, possède une belle fortune qu'il consacre à la charité et aux bonnes œuvres.
En dehors de ses importantes cultures,de son élevage intelligemment dirigé, il exploite sur ses propriétés d'énormes blocs de calcaire qu'il transforme en chaux.
Chrétien fervent et éclairé, M. Lepetit, longtemps avant les apparition, avait fait

10
.jpg)
placer à l'entrée de ses carrières et sur ses fours à chaux des pancartes sur lesquelles les passants et les étrangers pouvaient lire ces mots :
« On ne blasphème pas ici. »

C'est la propriété de cet homme de bien que la Sainte Vierge a choisie pour s'y manifester, elle a voulu apparaître là où le blasphème est interdit et récompenser la piété de son serviteur le plus dévoué en désignant pour l'établissement de la dévotion du Rosaire une pâture qui lui appartient.
Cette remarque ne doit échapper à personne et il serait téméraire de vouloir affirmer que le hasard seul a présidé au choix de cet emplacement. Pendant toute la durée des apparitions,
11
Monsieur Lepetit montra une réserve au-delà de tout éloge, il ne vint que rarement au champ, et pour y prier toujours avec ferveur.
« Je ne veux pas qu'il soit dit que j'encourage les manifestations », me disait-il un jour, et si c'est bien la Sainte Vierge qui se montre ici, elle est elle est chez elle, le terrain qu'elle a choisi lui appartient. Mr Lepetit était veuf.
.jpg)

Sa femme Mme Lepetit Irène, qui fut une véritable sainte sur cette terre, fut pleurée par les pauvres et regrettés par tous les habitants de Tilly et des environs.
Elle mourut très jeune, mais, comme me le disait le Doyen qui n'en parle jamais qu'avec émotion, elle était de ces prédestinés auxquels le ciel convient mieux que la terre.
Pour bien comprendre la suite de ce récit, il est nécessaire d'esquisser le paysage et d'en fixer certains points. C'est à l'Est du bourg, sur une sorte d'éperon qui vient finir en pentes douces dans la vallée de la Seulles, que les apparitions se sont le plus manifestées.
Ce petit plateau est coupé en deux parties à peu près égales par une haie d'ormes plantée sur le talus d'un fossé qui sépare un champ de culture d'un vaste pâturage.

12
Au centre de cette haie s'élève un ormeau plus grand que les autres, c'est le point de repère, le centre des manifestations qui se sont succédé pendant de longs mois.
Tout I'hiver une bise glaciale, qui souffle fréquemment en tempête, vous gèle jusqu'aux moëlles ; en été, la chaleur est torride, pas un coin d'ombre pour s'y soustraire, et je puis affirmer par expérience qu'il faut une certaine dose de volonté pour affronter de pareilles intempéries, mais l'observateur ne
.jpg)
saurait être arrêté devant ces petites misères de la vie humaine.
En tournant le dos à l'ormeau dans la direction de l'Ouest, le regard se repose sur les prairies et les cultures qui bordent la route de Bayeux.
Quelques blanches maisons du village apparaissent dans la verdure des platanes et des pommiers et par delà le vallon, au tournant du coteau, une modeste construction étale sa façade : c'est l'école congréganiste de Tilly.
Dans l'horizon le plus reculé, par un temps clair, la tour de l'Abbaye de Mondaye se dessine sur le ciel.
Dans l'Est, après un gracieux plissement de terrain dont les pentes sont couvertes de bois et de haies vives, le clocher élevé de Fontenay-le-Pesnel limite l'horizon. Et dans le Sud, à perte de vue, la vallée se développe ; c'est une houle de verdure sombre qui s'étage de collines en collines jusqu'aux sommets bleuâtres du Bocage.
Ce paysage est vraiment grandiose. « Avouez, me disait un artiste de mes amis, que la Sainte Vierge sait bien choisir ses sites, et si nous n'avons pas ici la pittoresque âpreté de Lourdes, combien sont merveilleux ces horizons pleins de fraîcheur ! »

13
.jpg)
CHAPITRE II
Les Visions de l'école Congréganiste
Le 18 mars 1896, soeur Saint-Patrice, supérieure de l'école congréganiste, disait aux fillettes rassemblées pour la prière du soir : « Faites bien vos prières, mes enfants, pour vous préparer à la fête de Saint-Joseph. »
On venait de commencer la récitation du chapelet quand tout à coup une enfant, Louise Fontaine, dit à voix basse à sa voisine, Françoise Levieux : « Regarde donc, on dirait qu'on a mis une Sainte Vierge là-bas. »
Françoise Levieux porte ses regards dans la direction indiquée, se lève brusquement et, d'une voix émue, s'adressant à la supérieure : « Oh ! Ma Mère, comme c'est beau ! On y voit la Sainte Vierge là-bas ! » Soeur Saint-Patrice arrête la prière et réprime sévèrement l'interpellatrice, mais les enfants se sont déjà massées au centre de la classe, et tremblantes d'émotions s’exclamèrent tous ensemble : « Mais, venez donc voir, c'est la Sainte Vierge ! »

14
.jpg)
Le ton de sincérité des fillettes, leur enthousiasme, leurs yeux rivés sur le même point du ciel, tout cela impressionne fortement la soeur supérieure qui reste cependant au fond de la classe pour donner l'exemple de l'attitude respectueuse qu'elle réclame ; mais impuissante à contenir l'élan de son petit bataillon, elle cède enfin et s'approche de la large fenêtre.

Le ton de sincérité des fillettes, leur enthousiasme, leurs yeux rivés sur le même point du ciel, tout cela impressionne fortement la soeur supérieure qui reste cependant au fond de la
classe pour donner l'exemple de l'attitude respectueuse qu'elle réclame ; mais impuissante à contenir l'élan de son petit bataillon, elle cède enfin et s'approche de la large fenêtre.
La sœur Saint-Cléophas, troublée par ce va et vient insolite, arrive avec les élèves de la classe enfantine ; toutes voient en même temps, et dans un même élan les bras se tendent vers la Vierge rayonnante.
Religieuses et enfants ont la même vision : C'est, au-delà du vallon, dans la direction des fours à chaux de Mr Lepetit, à 1.200 mètres environ de l'école, au-dessus des arbres dépouillés par l'hiver, une Vierge rayonnante de lumière dans l'attitude de l'Immaculée Conception.

15
De la page numéro 126 à la page numéro 134
.jpg)
Un des plus fins observateurs de Tilly, le Révérend Père Lesserteur, est très ému, il étudie avec soin Marie Martel. Devant cette vision resplendissant mais fermé, le visage de Marie exprime l'étonnement.
Mais, dès que Jeanne d'Arc apparaît, le rayonnement revient. « Vénérable Jeanne d'Arc, priez pour nous » s’écrie Marie.

Le 22 du même mois, Marie monte au champ, mais la Vierge n'apparaît pas.
Elle voit, comme toujours, des anges, des lys et des roses. Pendant la semaine sainte elle fut rudement éprouvée, et à cette époque déjà j'avais la pensée que l'avenir lui réservait de grandes souffrances, ce trait d'union mystique avec les souffrances du Christ.
L'épaule droite, les bras, les mains, les pieds, la tête, étaient affreusement endoloris. Autour de son front apparaissaient des bourrelets douloureux qui simulaient l'enlacement de la couronne d'épines.

126
Marie n'attachait aucune importance à ces signes non équivoques, se contentant de dire : « Je ne puis dire ce que je souffre, et je sais que je ne suis pas au bout. »
.jpg)
Le jour de Pâques, après avoir assisté à tous les offices, elle monta au champ où, dans une courte vision, elle vit encore Jeanne d'Arc qu'elle invoqua plusieurs fois. Les longs jours et la lumière éclatante d'avril engagèrent le Doyen à mettre enfin à exécution son projet de photographier Marie en vision.
Il aurait pu user de son pouvoir de directeur spirituel et imposer cette corvée à la pauvre fille qui s'y fût soumise par obéissance, mais il préféra ne pas brusquer les choses.

Marie fut horriblement troublée à la seule pensée qu'elle allait servir de point de mire à un objectif et refusa.
Le Doyen dut alors intervenir et lui expliqua l’importance de joindre des photos à son dossier d’étude. L'artiste amateur se prépara et produisit une longue série de clichés qui firent honneur à son talent.
127


.jpg)
Je cite sous toutes réserves la lettre suivante, datée du I" avril, l'auteur de cette lettre cite quelques faits. Je vais en raconter un qui est tout d'actualité et que je ne saurais passer sous silence car il a trait aux manifestations de Tilly, quoique se passant en Italie.
La Comtesse de Villehardouin suivait depuis plusieurs mois les mystérieux événements de Tilly. Je connais intimement cette femme distinguée, j'ai pu apprécier sa foi et sa ferveur et je me porte garant de sa sincérité.

Tout en ayant l'entière conviction que c'était bien la Sainte Vierge qui apparaissait à Marie Martel, elle voulait en avoir une preuve certaine.
Se souvenant de la miraculeuse Addolorata de Campocavallo, elle conçut le projet d'entreprendre ce voyage pour aller prier dans ce sanctuaire en recherche de confirmation.
Préalablement elle adressa une lettre à la supérieure du couvent de Lorette pour lui demander si les manifestations de Campocavallo continuaient toujours. Après avoir reçu une réponse positive, elle se décide à partir pour Rome et Campocavallo.
Laissons-la raconter elle-même, dans une lettre envoyée à l'Echo du Merveilleux, ses impressions : « Monsieur, déjà une fois, vous avez bien voulu donner dans l'Echo une hospitalité bienveillante à quelques renseignements que je vous transmettais. Aujourd'hui je vous demande de bien vouloir donner place, dans le numéro qui paraîtra le 15 de ce mois (juin).
128
.jpg)
Mr Mery, puisque vous avez déjà publié dans la votre journal plusieurs articles sur les apparitions de Tilly, qui intéressent et passionnent bien des personnes, je compte sur votre impartialité pour bien vouloir donner place dans vos colonnes à ma lettre, à l'endroit même où les autres ont paru. Vous avez jadis parlé du tableau miraculeux de « Notre Dame des Sept Douleurs » à Campocavallo.
Je suis restée plus de deux heures devant la Sainte Image, à ses pieds et tout près, je la voyais donc fort bien. Il est nécessaire de vous faire observer que sur cette image la Vierge a les yeux levés vers le ciel, qu'en conséquence on ne voit guère que la moitié de la prunelle qui est noire, tandis qu'au dessous on voit beaucoup du blanc de l'œil.
Or, pendant ces deux heures, entre autres prières adressées à la Sainte Vierge de Campocavallo, je lui ai fait celle-ci : Ma bonne Mère, si c'est bien vous qui apparaissez à Tilly à Marie Martel, je vous supplie de me le faire connaître en condescendant à abaisser votre regard jusqu'à moi.
Au même instant, les yeux de la Vierge se portèrent sur moi d'un mouvement si rapide et si complet, que j'en sursautai si fort que les personnes qui étaient près de moi s'en aperçurent et me questionnèrent.
Je laisse à vos lecteurs le soin de conclure. Plus qu'un mot. Le prodige de Campocavallo a été formellement reconnu par Rome qui a autorisé la construction d'une magnifique basilique que j'ai vue, laquelle est fort avancée et sera inaugurée en 1900. »
Comme la comtesse, je laisse au lecteur le soin d'apprécier ce témoignage.
Le dimanche 6 mai, la théorie des pèlerins s'est acheminée vers le champ Lepetit après les offices de l'après-midi.
129
.jpg)
La petite chapelle était gracieusement ornée de fleurs et de guirlandes qui encadraient les nombreux, ex-voto que la piété des fidèles avait offerts à Marie Miséricordieuse.
Autour de l'ormeau desséché, un parterre de fleurs multicolores réjouissait le regard et embaumait l'air. A 17 h, Marie venait s'agenouiller au milieu d'une réunion de trois cents personnes environ. Réunion calme, silencieuse et très recueillie.
Quelques Ave et la vision commence : « la Vierge rayonnante de gloire, Jeanne d'Arc, la pluie de fleurs. L'apparition est nimbée d'une guirlande de roses rouges, blanches et jaunes. Un imposant cortège d'anges gravite autour de la Reine du Ciel. »
La vision terminée, Marie s'approche de Mme Husson Carcenac et lui dit en ma présence : « Madame, vous avez vu les anges, car la Sainte Vierge me l'a dit. »
C'est vrai, reprit Mme Husson Carcenac très émue, j'en ai même vu beaucoup, quelques-uns portaient une banderole sur laquelle le mot Espérance était écrit en lettres d'or. J'ai vu aussi tomber des lys et d'es roses en abondance. »
L'attitude de Mme Husson Carcenac рendant la vision de Marie ne m'avait pas échappé.
J'avais compris, en voyant ses yeux bleus perdus dans le ciel, que l'heureuse mère de la sainte Prieure du Mesnil-Saint-Denis continuait à être comblée de faveurs spéciales par la Vierge de Tilly.

130
.jpg)
C'est vrai, reprit Mme Husson Carcenac très émue, j'en ai même vu beaucoup, quelques-uns portaient une banderole sur laquelle le mot Espérance était écrit en lettres d'or. J'ai vu aussi tomber des lys et d'es roses en abondance. »
L'attitude de Mme Husson Carcenac рendant la vision de Marie ne m'avait pas échappé.
J'avais compris, en voyant ses yeux bleus perdus dans le ciel, que l'heureuse mère de la sainte Prieure du Mesnil-Saint-Denis continuait à être comblée de faveurs spéciales par la Vierge de Tilly.
Pendant tout le mois de mai, Marie Martel pria sur le plateau.
Chaque jour elle voyait les anges et Jeanne d'Arc, mais elle ne revit la Sainte Vierge que le 19. Même vision du reste que la précédente. Mme Husson Carcenac voit tomber des fleurs et des marguerites, le gracieux emblème du Sacré-Cœur.
Les faits à enregistrer devenant rares, j'en profitai pour mettre de l'ordre dans mes notes, et j'y retrouvai certains documents ayant rapport à l'étroite liaison des faits de Tilly avec le monastère du Mesnil-Saint-Denis.
J'espère que Mme Husson Carcenac me pardonnera ces nombreuses indiscrétions qui viennent jeter une si vive lumière sur le but de Tilly.
Sur les fondations religieuses appelées à naître et à se développer à l'ombre de la Basilique.
Mgr Théophile Cosnilleau et Mme Husson Carcenac apprirent, que la Sainte Vierge voulait à Tilly l'établissement d'une œuvre sacerdotale de prêtres séculiers destinés à assurer le ministère paroissial, et à venir en aide aux desservants dans le cas où ces derniers ne pourraient le remplir.
131
.jpg)
Cette œuvre admirable, dont nous reparlerons plus tard dans notre récit, avait été conçue par un saint prêtre, Mr l'abbé Durand, directeur au grand Séminaire de Bayeux, les statuts en avaient été soumis à Rome et approuvés par le Pape Léon XIII.
Quand la Mère de la Nativité fonda le monastère du Mesnil-Saint-Denis, un des buts principaux poursuivis par la sainte religieuse était de faire prier chaque jour pour les prêtres dans l'exercice du ministère.
La règle du couvent prescrit à cet effet tel exercice journalier. Deux religieuses, à tour de rôle, offrent chaque matin leur communion à cette intention.
Les services de fondation du monastère sont tous pour les prêtres morts dans le ministère des paroisses.
L'œuvre sacerdotale entrevue par Mlle Husson Carcenac devait être l'auxiliaire du clergé partout où le besoin s'en ferait sentir.
Une des plus pieuses religieuses du Mesnil mourut en disant : « J'offre ma vie pour l'œuvre sacerdotale. » Elle ne savait, à ce moment suprême, quelle serait cette œuvre.
Tout cela nous explique comment la Mère Prieure, intuitivement pressentie, s'écriait : « Tout cela est divin ! » et prescrivait des prières quotidiennes pour Tilly.

On voulut modérer son enthousiasme, rien n'y fit : « Vous en conviendrez plus tard cependant », disait-elle sans cesse.
132
.jpg)
Cette parole si affirmative étonnait d'autant plus son entourage qu'elle était d'un caractère prudent, craignant toujours de se tromper, très longue à prendre une détermination.
Phénomène étrange, étroite relation, les lys et les roses que Marie Martel voyait tomber au champ de l'apparition tombaient également au Mesnil-Saint-Denis sur la tombe de la Mère de la Nativité.

Non seulement les religieuses du monastère, mais encore des étrangers, constatèrent affirmativement le fait.
Des ouvriers tailleurs de pierres, chargés de faire quelques réparations au monument funéraire, virent même, avec une émotion facile à comprendre, les pierres grises, à l'aspect lugubre et sombre, étincelantes de lumière.
Il y a plus. En dehors de ces manifestations matérielles et tangibles, voilà que sur la tombe de celle qui mourait avec la pensée de la divinité des apparitions de Tilly, des faits d'ordre spirituel se produisaient également.

133
Une religieuse sœur Hélène du Christ-roi, étrangère au monastère, était depuis longtemps dans une désolation d'âme insurmontable, et qui n'était atténuée par aucun rayon d'espérance.
A bout de courage et de force, elle vint demander à faire une neuvaine au couvent du Mesnil-Saint-Denis.
Tous les jours elle allait s'agenouiller sur le tombeau de la sainte fondatrice.
.jpg)
Le dernier jour de la neuvaine elle fut subitement illuminée d'un bonheur, d'une joie et d'une quiétude qui chassèrent pour toujours ses angoisses et ses amertumes.
Je m'en tiens à ces quelques notes. Plus tard, en étudiant le double but de Tilly, je reviendrai sur la fondation de Mr l’abbé Durand que la Prieure du Mesnil-Saint-Denis pressentait depuis de longues années.

Cette sainteté de Mlle Husson Carcenac, si prématurément fauchée par la mort à la fleur de l'âge, devait avoir sa confirmation sur le plateau des apparitions de Tilly.
Le 4 mai, Marie la vit apparaître, recevant une couronne de gloire des mains de la Sainte Vierge, juste après sa mort, elle reçut d'elle des communications qui ne furent révélées qu'à Mme Husson Carcenac.
-----------
Le 26 juillet, en la fête de Sainte Anne, Marie eut une vision. « Elle voit une quantité de petits anges et un autre ange beaucoup plus grand, vêtu de bleu. » Mme Husson Carcenac le voit également. Marie ne devait être favorisée de l'apparition de la Sainte Vierge qu'au jour de l'Assomption. Glorieux ce 15 août !
Le doyen de Tilly m'écrivait au commencement de се mois : « Je sais que la journée sera fort intéressante, Marie examinera l'intérieur de la basilique. Mme Henry me disait ce matin : Qu'elle est gaie et heureuse depuis quelques jours, elle doit avoir quelque révélation qu'elle s'efforce de cacher cependant. Ses souffrances ne lui laissent aucun repos. »
134
Pour lire la suite, télécharger le fichier PDF gratuit, où commander le livre sur Amazon

Votre Serviteur Dévoué, Marquis de l'Espinasse Langeac
