Ce fut durant cette audience que

Saint Pie X accorda à l’Abbé Vachère

le privilège de la chapelle domestique.

Le Pape Léon XIII fait placer le tableau de la Sainte Famille dans ses appartements particuliers, au mois de juillet 1900.

De 1896 à 1913, Rome n’a pas été tenue dans l’ignorance de ce qui se passait à Tilly.

 

A plusieurs reprises, des avis autorisés émaneront de Rome, des gestes symboliques

d’une haute portée seront accomplis.

 

Rome connaît l’existence de Tilly en avril 1897

 

L’apparition du 2 février 1897 était accompagnée d’une banderole lumineuse sur laquelle figurait cette inscription :

 

« Reine du très Saint Rosaire, priez pour nous qui espérons tous en vous »

 

Ces faits s’étant reproduit les 9 et 18 avril, c’est alors que l’abbé Guéroult notera :

 

« On a écrit au Pape, que la Sainte Vierge de Marie Martel est la sienne.

Jusque-là les invocations étaient : - Notre Dame du Rosaire, non liturgique… »

 

C’est à Léon XIII que l’on doit l’insertion de l’expression Reine du Très Saint Rosaire dans les Litanies de Lorette,

le 24 décembre 1883.

 

Le tableau de la Sainte Famille que Marie Martel découvre dans sa dernière vision, le 25 avril 1893, est conforme

à l’enseignement de Léon XIII.

 

Le tableau est exécuté sous la surveillance de la voyante et remis au Pape qui le fait placer dans ses appartements particuliers, au mois de juillet 1900.

 

A cette occasion, le Pape est informé en détail des évènements de Tilly par l’Abbé Durand, auquel il réserve un accueil des plus bienveillants.

 

 M. l’Abbé Durand demanda une audience, annonçant qu’il avait un tableau de la Sainte Famille à remettre au Saint-Père ;

il obtint son audience pour le mardi suivant…

 

Le mardi, il se présenta avec son tableau.

Il y avait là plusieurs évêques, en particulier l’Archevêque de New-York.

 

Tous lui dirent :

«  Les audiences sont décommandées, vous ne passerez pas plus que nous !.. »

Il se fit annoncer et lui seul put entrer avec son tableau.

 

Le Saint-Père fut très ému en face du tableau :

« - Dans sa joie il le fit placer immédiatement dans ses appartements particuliers. »

 

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Saint Pie X agira de même à l’égard du Révérend Père Lesserteur qui le rencontre en février 1904.

 

Des prêtres entreprendront des démarches auprès de Rome en faveur de Tilly.

 

L’Abbé Lemarié, le 15 août 1904 ; l’Abbé Vachère de Grateloup, qui se mettra au service

de la cause de Tilly à partir de 1903.

 

Il rencontrera Saint Pie X à plusieurs reprises. 

 

Le 17 septembre 1905, au cours d’une audience privée, pendant laquelle il offrit au Pape une chasuble

qu’il avait lui-même brodée, l’Abbé Vachère présenta la cause de Tilly au Souverain Pontife.

 

Celui-ci décida de la soumettre au Saint-Office, ce qui fut réalisé dès novembre 1905.

 

Ce fut durant cette audience que Saint Pie X accorda à l’Abbé Vachère le privilège de la chapelle domestique.

 

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Lettre de l’Abbé Beucher en date du 2 janvier 1906.

 

« L’Abbé Vachère a porté tout le dossier à Rome, au Saint-Office.

 

M. l’Abbé Vachère a vu plusieurs fois le Saint-Père, il a voulu avoir personnellement 

un résumé du dossier dressé par M. le Doyen et M. l’Abbé Vachère.

 

Il étudie et s’intéresse beaucoup à la question.

Il a voulu voir toutes les listes de pétitions et a béni tous ceux qui avaient signé. »

 

« Des quelques communications que M. l’Abbé Vachère envoie, il résulte en définitive cette conviction

que la question marche à grands pas : on espère qu’elle sera jugée avant 6 mois.

 

Que Dieu veuille, c’est mon plus grand désir. »

 

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L’Abbé Beucher écrira par ailleurs, au début de 1907,

« La question de Tilly, en principe, est résolue à Rome depuis février dernier » 

(soit février 1906).

 

 

Cependant, malgré les illustres sympathies romaines dont Tilly bénéficiera,

 

ET EN DEPIT DE L'APPROBATION DU SAINT-OFFICE 

 

aucun résultat ne sortira de toutes ces démarches !!!

Ce fait est confirmé par la déclaration du R. P. Lesserteur à Monseigneur Lemonnier,

lors d’un entretien en date du 4 août 1909 :

 

« Monseigneur, ceux-ci ont d’abord pour eux d’avoir étudié et approfondi la question sur place, 

ce qui n’est pas le cas des autres.

 

En suite ils se tranquillisent en se réfugiant derrière l’assurance donnée à Rome par des hauts personnages très au courant des choses du Saint-Office, que dans l’examen de la question des Apparitions de Tilly, ce tribunal suprême n’avait rien trouvé à reprendre et digne d’être condamné. »

 

Cette appréciation sera décernée par le Saint-Office malgré l’attitude de Monseigneur Amette.

 

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A ce sujet, il faut encore citer le témoignage éloquent du R. P. Lesserteur, toujours extrait du même entretien

du 4 août 1909 :

 

« Votre grandeur est assurément aussi au courant, sinon plus, que je ne le suis moi-même, aussi, si je commets

quelque inexactitude, elle pourra me rectifier.

 

Déjà depuis longtemps, le Saint-Office avait reconnu qu’il n’y avait rien de condamnable dans les apparitions de Tilly, et

le Souverain Pontife, qui avait lu lui-même avec une vive émotion le journal des Religieuses sur les visions de l’école,

avait donné l’ordre de terminer l’information et de prendre une décision. »

 

Monseigneur Amette prévenu accourut à Rome, et fit valoir des raisons d’opportunité, pour demander de surseoir

à la proclamation d’une décision favorable ! 

 

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Dans les premiers mois de l’année (1908), Pie X ordonna de nouveau de reprendre la cause.

 

Monseigneur Amette accourut encore une fois à Rome, et se jeta aux pieds du Saint-Père, déclarant qu’il ne s’opposait plus à la reconnaissance du surnaturel divin à Tilly, mais qu’en raison des complications de tout genre, au milieu desquelles lui, Archevêque de Paris était obligé de se débattre, il avait besoin que son autorité ne fût pas diminuée, ce qui ne manquerait pas d’arriver si on laissait rejaillir un certain discrédit sur son administration précédente, en rendant un verdict favorable dans la question de Tilly ; qu’en conséquence il demandait aussi instamment que possible de surseoir à la décision….

 

En 1905, pendant un voyage à Rome, Monseigneur Amette se voit adresser par le Révérend Père Albert Lepidi, O.P, Assistant perpétuel de la Sacrée Congrégation de l’Index et Maître du Sacré Palais Apostolique, un triple reproche : le fait de ne jamais avoir parlé à Rome des apparitions de Tilly, celui de ne s’en être jamais occupé de manière publique, alors que les évènements de Tilly se déroulaient depuis plus de dix ans.

 

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En 1906, l’évêque de Bayeux est promu coadjuteur de Paris, puis archevêque et cardinal !

 

A Paris, le cardinal Amette refusera également de tenir compte des messages et de la mission de Claire Ferchaud, Mandatée par le Sacré-Cœur.

 

La responsabilité de Mgr Amette dans l’étouffement de Tilly est attestée par tous les intéressés : les Abbés Guéroult, Durand et Beucher, le R.P.Lesserteur – des missions Etrangères de Paris -, le R.P Lepidi, dominicain, ainsi que toutes

les personnes présentes (Religieux et autres grands Professeurs) ceux sont heurtés au jugement parfois

incompréhensible de Mgr Amette.

 

L’Abbé Vachère sera reçu plusieurs fois pas Saint Pie X en décembre 1905 et janvier, pour la cause de Tilly

qui semblera en bonne voie à ce moment.

 

En mai 1906, diverses faveurs sont accordées par Pie X : une bénédiction spéciale au doyen de Tilly

et à Marie Martel, l’érection d’un chemin de croix dans le salon de Mme Henry où, dit le décret,

« se trouve une statue vénérée du Sacré-Cœur ».

 

Comme l’écrit le R.P Lesserteur dans une lettre du 10 mai 1906.

Le Souverain Pontife honorera l’Abbé Guéroult du titre de chanoine de Marsi

(Marsi est un diocèse suffragant d’Avezzano, près de Rome : l’Abbé Vachère en fut un moment Vicaire Général ;

le titre de chanoine décerné à l’Abbé Guéroult le faisait Prélat).

 

"Les nouvelles de Rome relatives à la cause de Tilly seront toujours positives.

 

En novembre 1910 les Cardinaux sont favorables à la cause de Tilly.

 

Mais que fait donc Mgr Amette ?

De nombreux hommes d’Eglise ont été amenés à se pencher sur les faits de Tilly.

 

Et ce n’est pas le fruit du hasard, mais une politique voulue et menée de main de maître par l’Abbé Guéroult. 

 

 

 

Le bon Curé-Doyen de Tilly mettra tout en œuvre pour constituer un dossier solide sur les apparitions de Tilly

et sur Marie Martel.

 

Aussi intéressera-t-il à la cause de Tilly les spécialistes les plus éminents en matière de théologie dogmatique, ascétique

et mystique. Les approbations ne se comptent plus.

 

Des théologiens émérites, des supérieurs d’Ordres religieux, des prélats ou des évêques prennent position

en faveur de Tilly.

 

Tous ces avis autorisés montrent que Tilly a joui d’une très grande estime dans le clergé, et que si le sentiment populaire

a très vite adhéré à Tilly, celui des théologiens aura suivi avec le recul nécessaire pour étudier l’ensemble des évènements.

 

Quelques Témoignages

 

Fin août 1902, Marie Martel fait un pèlerinage à Lourdes.

 

Elle y rencontre le Père Marie Antoine, gloire de l’Ordre des Frères Mineurs Capucins, que l’on appelle

le « Saint » de Toulouse.

 

L’Abbé Guéroult écrit à l’Abbé Beucher, le 2 septembre 1902 :

 

" Marie est heureuse de son pèlerinage.

 

Le P. Marie Antoine, le Saint comme on l’appelle, l’a prise par la main, lui a parlé pendant vingt minutes, l’a bénie tout particulièrement, lui a donné des conseils superbes et, la remettant à Mme Henry, lui a dit :

 

« - Vous avez bien fait de prendre chez vous cette enfant… La Sainte Vierge l’aime bien.

C’est SON enfant… Que Dieu vous bénisse !... ».

 

Le Père Lesserteur le connaît tout particulièrement ayant vécu avec lui assez longtemps et il dit :

C’est un Saint sur terre « Marie est très heureuse, vous le pensez, et Mme Henry peut-être encore autant et davantage.

Il paraît qu’il lit à merveille dans les Âmes ».

 

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1 septembre 1903,

le Père Lorine, Supérieur des Jésuites du Mans, qui a déjà lu l’Historique des Apparitions de Tilly

du marquis de Lespinasse-Langeac, et le P.p Lesserteur, demeure quelques jours au presbytère de Tilly.

 

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L’Abbé Guéroult écrit à l’Abbé Beucher, le 26 septembre 1903 :

« Il a vu pendant ces quatre jours, vu et revu, Marie Martel.

 

Il l’a interrogée, lui a parlé lentement, a passé de longues heures chez elle et au champ.

 

Non seulement il est ravi, mais il n’a pas trouvé l’ombre d’un doute, et c’est toujours les larmes aux yeux

qu’il nous exprimait ses impressions :

 

Quelle belle âme d’enfant ! Simplicité, candeur, et avec cela associée à de grandes choses !

 

Vous m’avez fait passer les quatre plus belles journées de mon année, me disait-il, et je m’en retourne pour arrêter ceux qui parleraient contre Tilly, car c’est insensé !

 

Je signerais le divin dès aujourd’hui, sans enquête ! »

 

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En février 1904,

R.P. Monsarbé, l’illustre dominicain, a une impression favorable concernant l’attitude de Marie Martel.

 

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Dans une lettre à l’Abbé Beucher, en date du 28 octobre 1904,

l’Abbé Guéroult cite l’Abbé Bamas, Professeur au Grand Séminaire du Mans, qui s’exprime ainsi :

 

« Plus je vais à Tilly, plus je trouve des preuves manifestant le divin, et ces preuves sont beaucoup plus nombreuses que celles qui concluraient à autre chose, donc il y a là un principe de théologie qui permet très bien de penser et de dire individuellement : Tilly est divin, Si on a tiré d’autres conclusions, on a eu grand tort ».

 

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Le 22 octobre,

les Chanoinesses Norbertines du Mesnil Saint-Denis demandaient à l’unanimité

 

« humblement mais très instamment que les faits d’ordres merveilleux qui se renouvellent à Tilly

soient examinés canoniquement. »

 

Depuis six ans Marie Martel faisait sa retraite annuelle chez ces religieuses.

 

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Mademoiselle Guillemaud, diocésaine de Cambrai, Tertiaire Franciscaine, rapporte dans un document

écrit en décembre 1913 les sentiments de Mgr Delamaire, Archevêque Coadjuteur de Cambrai.

 

« Au lendemein de la mort de Mgr Delamaire, je me fais un devoir d’exposer ce qui me fut donné de voir des sentiments du vénéré prélat au sujet des manifestations de Tilly…»

 

Ce fut en 1908 que je m’y rendis pour la première fois.

 

Alors, les foules n’abondaient plus et les pèlerins étaient recueillis plus aisément. J’appris, en ma qualité de pèlerine du Nord, que Mgr Delamaire était très favorable à cette cause.

 

En effet, tenu au courant des apparitions et de tous les miracles et conversions, il adressa une supplique à Rome pour demander l’examen de cette cause.

 

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En 1909,

Marie rencontre deux Pères Jésuites de Paris : le P. de Haza, exorciste de Paris, et le P. Flammérion, Supérieur de Clamart. Tous deux seront enchantés par Marie Martel, ses connaissances théologiques et sa science infuse, qu’elle ne pouvait tenir que du Ciel.

 

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En juillet 1907

Le P. de Haza, ayant eu à exorciser une possédée, avait invoqué Notre-Dame de Tilly :

« Cette invocation a produit sur le démon un effet terrible ! il est tombé de fureur, confirmant forcé par moi,

la puissance de Notre-Dame de Tilly ».

 

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En 1910,

Dom Augustin Delaroche, Vicaire Général des Chanoines de l’Immaculée Conception,habitué à reconnaître les personnes dites favorisées, témoignera la satisfaction qu’il retirera de son entrevue avec Marie Martel et de sa visite au champ.

 

L’Abbé Guéroult confirmera dans une lettre à l’Abbé Beucher, le 25 avril 1910 :

« Depuis, j’ai su par une religieuse qu’il se dirige depuis de longues années, qu’il était convaincu, non seulement par tout ce qu’il avait vu et entendu, mais parce qu’il avait reçu, ici à Tilly des grâces de choix ».

 

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Le 4 mars 1911,

Monseigneur Guyot, auteur du journal La Voix de Marie, et ami du R.P Lesserteur, fait une visite à Tilly.

 

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En juillet 1913,

Dom Renaudin, Abbé de Cîteaux fait une visite à Tilly.

 

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La mission extraordinaire que Marie Martel remplit est d’ordre public et non la récompense d’une vertu acquise.

Elle lui donne, sans doute, l’obligation de travailler plus que d’autres à sa sanctification...

Abbé Achard de Leluardière.

 

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Paul Guérard rapporte les sentiments de son cousin, Mgr Joseph Guérard, évêque de Coutances : 

« Monseigneur l’Evêque de Coutances croit à Tilly ; je le tiens de source certaine et s’il n’est pas allé au champ, c’est qu’il ne voulait pas empiéter sur le terrain de Mgr Amette, mais Monsieur l’Abbé Charles Guérard y est allé et il a rendu compte à son frère de ce qu’il avait entendu ; il est revenu ravi de son voyage. »…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pie X avait marqué sa reconnaissance à l’Abbé en lui accordant le privilège dit de « la chapelle domestique » ou droit de posséder sa propre chapelle à son domicile.

 

« J’ai lu et relu votre mémoire, lui écrit le Pape. Tilly est à l’étude au Saint-Office…

Je vous bénis, vous, vos œuvres, votre famille, l’Évêque du diocèse auquel vous appartenez, la jeune fille de Tilly, et tout ceux qui, avec vous, demandent la solution de cette Cause.

 

Je demande à Dieu de faire éclater la Vérité !

Les apparitions de Tilly-sur-Seulles : par l'abbé Ferdinand. Gombault.
Date de l'édition originale : 1897
Sujet de l'ouvrage : Marie, Sainte Vierge -- Apparitions et miracles -- France -- Tilly-sur-Seulles (Calvados)

Ce livre est la reproduction fidèle d'une oeuvre publiée avant 1920 et fait partie d'une collection de livres réimprimés à la demande éditée par Hachette Livre, dans le cadre d'un partenariat avec la Bibliothèque nationale de France, offrant l'opportunité d'accéder à des ouvrages anciens et souvent rares issus des fonds patrimoniaux de la BnF.


Les oeuvres faisant partie de cette collection ont été numérisées par la BnF et sont présentes sur Gallica, sa bibliothèque numérique.

 

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